Dernière occasion pour les favoris de souffler avant le sprint final, cette 17e étape de la Vuelta a déroulé ce mercredi un scénario pour le moins prévisible. A savoir une échappée très tôt dans la journée, un peloton qui joue au jeu du chat et de la souris avec le groupe de fuyards avant le grand branle-bas de combat des derniers kilomètres, lorsque les équipes de sprinteurs se réveillent. Prévisible jusqu'à trois bornes de l'arrivée seulement, car devant, un irréductible Gaulois allait tenir tête à toute la meute lancée à sa poursuite pour décrocher une fantastique victoire d'étape. Son nom : Anthony Roux.
Cunego et Ballan se retirent
Ainsi, le Tricolore prenait la poudre d'escampette quelques minutes seulement après le départ de ce 17e acte en compagnie de quatre hommes : Martijn Maaskant (P-B, Garmin), Markel Irizar (Esp, Euskaltel), Lieuwe Westra (P-B, Vacansoleil) et Francisco Martinez (Esp, Andalucia). Cinq courageux qui s'envolaient vers Talavera de la Reina sous le contrôle d'un peloton qui ne leur laissait guère plus de 7 minutes d'avance, l'écart maximal autorisé. Pour éviter tout endormissement avant d'aborder les 20 derniers kilomètres, il fallait donc malheureusement se concentrer sur les divers faits de course. Comme le non-départ des duettistes transalpins de la Lampre, Damiano Cunego et Alessandro Ballan, deux forfaits attendus étant donné la proximité du prochain championnat du monde. Ou encore la pluie, qui faisait une timide apparition en milieu de journée avant de laisser en paix les coureurs.
Roux résiste, à l'orgueil
Enfin, à un peu plus de 50 kilomètres de l'arrivée, une chute se produisait. Sans dommage pour Alejandro Valverde, serein leader, mais pas pour Robert Gesink, son dauphin, un temps retardé. Autre leader concerné, Ezequiel Mosquera, 6e du classement général, touché au coude et à la cuisse. Pas de quoi cependant changer la face de cette Vuelta, ni même d'une étape promise aux sprinteurs. Ainsi, sans surprise, le peloton commençait à accélérer à 25 kilomètres de l'arrivée, pour reprendre grosso modo une minute par tranche de 5 bornes. Résultat, à 10 kilomètres du but, l'avance des échappés se réduisait à un unique tour de cadran. D'où des attaques diverses et variées devant, qui se concluaient par une entreprise solitaire de Maaskant, vite contrée par un Anthony Roux remonté par l'attitude du Néerlandais. Survolté, le Français insistait même tout seul à 1500 mètres de la ligne et, au terme d'un superbe exploit, résistait au retour des sprinteurs pour s'imposer, la deuxième victoire d'étape d'un Français sur cette Vuelta. Et pour le cocorico total, William Bonnet terminait deuxième en réglant le peloton.
(Le Figaro)
